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 Musée de l'Abbatiale à BEC-HELLOUIN (fermé définitivement)

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JP de NÎMES
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Date d'inscription : 26/07/2016
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MessageSujet: Musée de l'Abbatiale à BEC-HELLOUIN (fermé définitivement)   Mer 7 Fév 2018 - 20:14



un Musée qui a disparu...il y avait une LICORNE 163




La voici en compagnie d'une Chevrolet Master 4 portes 1937


_________________
LA LICORNE: une voiture au point qui vient à point !


Dernière édition par JP de NÎMES le Mer 7 Fév 2018 - 20:18, édité 1 fois
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JP de NÎMES
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MessageSujet: Re: Musée de l'Abbatiale à BEC-HELLOUIN (fermé définitivement)   Mer 7 Fév 2018 - 20:17

Dans le parc du domaine de l'Abbatiale du Bec Hellouin (Eure), Colette et Christian CHASSAING DE BORREDON ont constitué en 1968 un musée de l'automobile original en réunissant sur 1000 m² les spécimens les plus rares des années folles dans une collection qui comptait 50 modèles exposés, tous de grande qualité et en parfait état de fonctionnement.
Il s'agissait essentiellement de voitures de Prestige, de Sport, et de Course dont la plus ancienne était une BUGATTI BRESCIA de 1920 et la plus récente, une Formule 2 construite par Tico MARTINI et avec laquelle Jacques Laffite fut Champion d'Europe en 1975.

On recensait 30 marques différentes :

16 marques françaises : Alpine Renault A. 210, Amilcar Com-pound, Bugatti, Citroën, Delage, Delahaye, Hispano-Suiza, Hotchkiss, Martini, Panhard, Peugeot, Peugeot Darl' Mat, Renault R 8 Gordini, Simca, Simca-Gordini, Talbot.
6 marques anglaises : Aston-Martin, Bentley, Brabham F1, Jaguar XK 140, M.G TF, Rolls-Royce.
2 marques allemandes : Mercedes 300 SL portes papillon, Porsche 911 E.
2 marques italiennes : Ferrari Berlinette Tour de France, Maserati Ghibli.
4 marques américaines : Buick, Chevrolet, Ford A, Packard.
Environ 350 maquettes et miniatures étaient disposées dans des vitrines éclairées, à divers endroits du Musée.

Pour les passionnés de mécanique, la présentation de 5 Bugatti : Types : 22 - 35 A - 40 A - 44 - 57 C proposait une évocation assez complète de l'œuvre d'Ettore BUGATTI.

L’Espace Amédée Gordini : Un don d'Aldo GORDINI (fils d'Amédée) au Musée avait permis l'exposition d'une dizaine de moteurs d'Amédée GORDINI et 3 de ses plus belles créations (Barquette Simca Gordini, Monoplace Simca Gordini, Renault 8 Gordini). Cette rétrospective retraçait d'une manière particulièrement vivante la carrière de celui que ses amis appelaient le « SORCIER ». De nombreuses photos de coureurs et amis d'Amédée GORDINI illustraient également sa carrière.

Témoignage du créateur du musée : UNE MANIERE COMME UNE AUTRE, DE DEVENIR COLLECTIONNEUR...

“En 1948, j'avais 24 ans, j'ai acheté d'occasion aux Ets BUFFARD, une merveilleuse voiture, l'HOTCHKISS G.S. de l'année précédente avec une boîte « Cotal » qui produisait, au démarrage de la voiture un sifflement grisant.
Cette voiture me permettait d'être, à cette époque, « le Roi de la route » et de m'amuser le samedi matin à Montlhéry... J'ai revendu cette voiture 2 ans plus tard et ai alors acheté une BUGATTI 57 C Stelvio que, déjà, à l'époque j'avais fais restaurer de A à Z. Elle était magnifique, et puis, un jour où je devais, en peu de temps, faire une longue route, un piston a lâché. Je venais, depuis peu d'acheter une ASTON-MARTIN DB 2/4... alors, conserver la BUGATTI, la faire réparer... me semblait superflu, et je l'ai vendue, pour 200 000 F. anciens. J'ai su, par la suite, qu'elle était partie aux U.S.A.
Quelques jours après cette vente désastreuse, chaque matin et même le soir, je me suis traité de « crétin » tant, pour avoir « bradé » ma BUGATTI que pour avoir revendu mon HOTCHKISS. Alors, j'ai voulu, pour me punir, retrouver des voitures comparables.
Sans m'en rendre exactement compte, le virus de la collection de voitures exceptionnelles s'était infiltré dans mes veines et depuis 30 ans, ce virus continue de cohabiter avec moi.
Il est évident que j'ai eu la chance de devenir collectionneur de voitures anciennes à une époque favorable, mais, même à ce moment, et encore plus depuis, il me paraît évident, et je le dis à l'intention des jeunes collectionneurs, qu'acheter et restaurer une voiture ancienne oblige à des sacrifices familiaux. J'ai eu le privilège que ma femme accepte ma passion sans se plaindre et les privations en résultant.
Je n'aime pas donner de conseil, mais si je devais faire une recommandation à des jeunes désireux d'acquérir une voiture de collection, je leur dirais :
- Faites-vous d'abord plaisir.
- N'ayez surtout pas en tête une idée spéculative.
- Intéressez-vous à des voitures pittoresques même récentes, complètes, et dans le meilleur état possible.
- Si vous en avez les moyens et que vous vouliez une voiture d'avant 1939, rachetez-la plutôt à un collectionneur qui a procédé à sa restauration.”

Témoignage de son épouse : SOUVENIR... SOUVENIR... BUGATTI 40 A 1930

“Le jour où mon mari me dit (il y a 25 ans), d'un air suave, que nous allions partir en famille (sauf le chien) pour Toulouse, chercher une merveilleuse BUGATTI, comme je n'en n'avais jamais vue, j'étais plutôt ravie.
C'était vrai... je n'en n'avais pas encore vu une comme cela... Car merveilleuse ? !
Depuis, elle l'est devenue... Seulement notre fille MARIE-FA (6 ans à l'époque) et moi étions totalement déçues, car (Oh ! nous les innocentes) nous pensions remonter... BUGATTI en tête.
... le tas de rouille qu'un garagiste toulousain, fort pittoresque au demeurant, réussit, après quelques difficultés, à sortir d'un hangar croulant, nous laissa tout d'abord, nous les femmes, très perplexes.
Mais quand, d'un doigt avisé et légèrement humecté, Monsieur le Garagiste, nous fit entrevoir :
- la couleur « d'origine »,
- le volant « d'origine »,
- le cuir « d'origine »,
et les plaques BUGATTI « d'origine », nous avons trouvé l'ensemble... original.
Les yeux de mon mari !... cela valait son pesant de BUGATTI... Il était aux anges !
Elle a démarré, tout de suite, cette petite. Après quoi, elle n'a plus rien voulu savoir... mais elle avait « causé »... C'était l'essentiel. Au moins, on le savait, elle avait un moteur !
D'ailleurs, Monsieur le Garagiste Toulousain, nous l'a fait remarquer : « Moi, cette mervei-lle là, je vous le dis tout net ! Je fais la pro-me-na-de avé tous les diman'ches ! »
Oui ? Bon ! sans doute les dimanches qui tombent un 29 Février...
Mon mari me dit : « Tout çà, ce n'est pas grave. L'essentiel, c'est l'allure. Alors, qu'en penses-tu ? »
Moi ? je n'en pensais rien du tout... ou beaucoup trop !
Je savais que de toutes façons, elle était déjà moralement achetée, mais j'étais morte de peur à l'idée de ramener l'engin en remorque à travers le Limousin et la Creuse tourbillonnante.
Heureusement, on n'alla pas jusque-là.
Marché conclu, on bouscula quelques écrous sur un coin d'établi, pour faire de la place, on parla BUGATTI, encore BUGATTI, et « on se bu » un petit pastis pour « fêter ça » !
Marie-Fa eut même droit à une grenadine. Après quoi, elle s'en alla sauter à cloche-pied dans les flaques d'eau, poussa même la gentillesse jusqu'à tomber dedans, tout prêt de la BUGATTI, et, triomphante et boueuse, ramena « un morceau de quèque chose en fer » qui pendait sous la voiture.
Cela jeta un petit froid parmi les amateurs de pastis « bugattistes ».
On examina BU-BUG partout, dedans, dessous et alentour et on en conclut... que ce n'était pas grave.
Seulement, la merveille prendrait le train pour rentrer à PARIS.
Ouf ! J'étais sauvée.”

Cette petite anecdote a pour but de montrer que rares étaient les voitures du musée trouvées en état satisfaisant. La plupart étaient à l'origine, comme la BUGATTI 40 A... et même quelquefois pires.
Il a fallu souvent entre 2 et 3 ans de restauration et déployer beaucoup de persévérance pour parvenir à des remises en état complètes et de qualité.

Malheureusement, subissant le sort de nombreux musées automobiles, le musée du Bec-Hellouin a fermé ses portes en 1991.

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